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Humeur
Au diable, les bonnes traductions ! « Traduttore,
tradittore », ce souverain poncif, qu'à peine
encore on ose mentionner tant il est éculé, a la vie
dure. Et puisque nous y sommes, en voici un autre qui veut qu'il
n'y ait pas de fumée sans feu. Non, arrêtons-nous là
avant de transformer cette page en répertoire de citations
et proverbes. Comment ce fait-ce ? (ça, c'est parce que j'aime
bien) Encore faut-il savoir de quoi est fait le combustible, qui
a craqué l'allumette et, le cas échéant qui
jette de l'huile sur le feu (ah, ça suffira pour aujourd'hui !).
Par
volonté de s'affranchir de la mainmise des puissances d'alors
sur la circulation des idées à moins que ce ne soit
à la suite de l'amorce d'un affranchissement de ladite mainmise,
le traducteur a, depuis le XVIe siècle, vu son rôle
se transformer et se préciser progressivement.
De guide à penser, d'interprète
et exégète de la pensée originelle à
l'intention du barbare, du disciple et du fidèle, il est
devenu transmetteur du message. Son premier rôle voulait de
lui qu'il glose ou qu'il disserte là où il (ou son
commanditaire) le jugeait bon, utile, amusant, pédagogique,
moral, politiquement nécessaire, etc.
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